Cathédrale de Metz 1764 1864 suite

Dans le billet qui présentait les sources utilisées pour modéliser la cathédrale de Metz après les travaux d’aménagement de Blondel, nous avons constaté que le modèle permettait de générer cette image hypothétique du portail de la vierge :

portail_vierge_1764_3d.jpg

Le billet suivant qui présentait un tableau de Migette réalisé avant 1860 permet de confirmer l’hypothèse d’un portail partiellement visible. J’ai trouvé depuis d’autres sources qui permettent de confirmer deux autres hypothèses.

La première hypothèse est que la maison 11 qui masque le portail est constituée de deux pavillons. Les gravures utilisées pour réaliser le modèle en trois dimensions ne permettent pas de l’affirmer absolument.

Un lecteur attentif, Thierry S. de l’excellent site miroir du temps, m’a rappelé les deux gravures suivantes disponible en ligne :

Cathedrale_04.jpgCathedrale_06.jpg



Les deux pavillons de la maison 11 apparaissent clairement, la vue 3D ci-dessous est cohérente. La première hypothèse est confirmée.

rendu_blondel_64_angle.jpg



En complément alors que je fouillais les Documents et notes relatifs aux années 1790 à 1930 de l’évêque Jean-Baptiste Pelt, j’ai trouvé la mention d’une lettre du 7 Janvier 1848 où l’évêque expose au ministre les nécessités d’acheter puis de démolir les maisons adossées à la cathédrale. Voilà l’extrait qui nous intéresse :

4° qu’un quatrième (propriétaire) (le n° 11) s’est attribué l’usage d’une terrasse établie sur la voûte de cette dernière chapelle (Notre-Dame-de-la-Ronde) et fait un lieu de dépôt ou de promenade et peut, de là, pénétrer dans la partie supérieur de l’édifice;
Note 512bis

Dans une lettre du 1er Mars 1842 adressée au préfet, il est clair que la voûte en question est bien la voûte du portail.

3° La maison Woirhaye (n° 11) use également de la partie supérieure de l’ancien portail, y dépose de la terre ou des caisses qui entretiennent l’humidité et nuisent à la solidité de la voûte.
Note 458bis

Ces documents confirment une seconde hypothèse : le dessus du portail est visible et accessible. Il sert même de terrasse.

Depuis 1834 les évêques de Metz se plaignent des dégradations provenant des maisons adossées à la cathédrale. C’est Napoléon III qui donnera l’autorisation d’achat de la maison 11 en 1861 pour 66 000 francs. Elle sera partiellement détruite en 1867, puis totalement en 1885. Cela fera certainement l’objet d’un prochain billet.

De nouvelles questions apparaissent qui concernent la datation des gravures. Je pensais me servir de la présence de l’horloge installée en 1852 sur le fronton du grand portail, avec un cadran sur la tourelle de l’horloge. Malheureusement, une horloge existait dès 1567 et a du être installée dans l’actuelle tour de l’horloge en 1690.

Je vais essayer d’identifier les variations de couverture de cette tour.

Je suis également en train de me rendre compte que la lecture de livres papier à un avantage en période estivale : mon eepc me chauffe les cuisses ! La chaleur va peut-être espacer mes billets…