Pour mémoire, à partir de 1754 le cloître et les chapelles et le palais des Treize qui se trouvaient sur l'actuelle place d'armes ont été rasés par les projets du gouverneur Belle-Isle et son successeur le maréchal d'Estrée pour aérer et moderniser la ville. Je parlerai sans doute dans un prochain billet de la ville médiévale. À partir de 1761 Blondel est chargé de l'aménagement de la place. Le grand portail souhaité par Louis XV lors de sa (croustillante) maladie de 1744 à Metz est terminé en 1766, l'hôtel de Ville en 1788.
Ma source principale est cette gravure utilisée par Jean-Baptiste Pelt ou Paul Tornow qui est très détaillée mais utilise une perspective isométrique.
Mon autre source provient de la bibliothèque municipale de Metz : Documents et notes relatifs aux années 1790 a 1930/ PELT, Jean-Baptiste. Imprimerie du Journal Le Lorrain, 1932. Les ressources en ligne n'étant plus suffisantes, j'ai un peu fouillé les bibliothèques.
L'usage de la perspective isométrique ne donne pas forcément une bonne idée de la profondeur. Les gravures suivantes permettent d'apporter quelques précisions. Nottez que j'ai surtout cherché à identifier les proportions des bâtiments. Mes fenêtres et arcades ne sont pas très précises. Je les ai surtout ajouté pour la décoration.
Remarquez les cheminées : il s'agit de maisons d'habitation.
À gauche la version modifiée de J-B Pelt. Elle comporte des numéros de maison. Au numéro 3 le café de la Meuse, au 7 le café français, au 9 le café Fabert. Le siècle d'occupation au pied des murs apportaient de sérieuses dégradations. La présence de ces "lieux de perdition" sera également utilisé par l'évêque Dupont-des-Loges pour demander le dégagement de la cathédrale.
Auguste Prost membre influent de la société d'archéologie et d'histoire de la Moselle tentera vainement de défendre l'architecture de Blondel.
1861 Napoloéon autorise l'acquisition par le préfet du café de la Meuse (3) pour 33000F, la maison 11 est achetée 66000F.
1863 démolition du café de la Meuse (3) en 1863.
1864 démolition du café Fabert (9)
1867 (22 juin) démolition partielle de la maison 11, un magasin de porcelaines, à l'expiration du bail
1882 démolition du café français (7), le propriétaire demandait une somme exorbitante
1885 démolition du pavillon de la maison 11
Ce portail sera rasé en 1898. Les deux statues monumentales seront réinstallées à St-Avold.
Pierre Brasme rapporte que Blondel avait songé à l'origine à un portail gothique ou plutôt "français" le terme gothique n'étais pas employé à l'époque et qu'il aurait choisi une architecture "classique" pour des raisons d'économie. Cette architecture issue de la renaissance qui s'appuie sur la réutilisation des composants antiques dans une forme normalisée apporte une certaine industrialisation et une économie d'échelle dans la conception architecturale à l'inverse de l'architecture gothique qui reste un artisanat.
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